An open letter written by Émile Zola in 1898 to protest the Dreyfus affair, in which French Jew Alfred Dreyfus had been wrongfully convicted of treason.

In J'accuse ("I accuse"), Zola alleged that an anti-Semitic conspiracy had deprived Captain Dreyfus of justice. This broadside is credited with eventually paving the way for Drefyus' exoneration in 1906.

You'd have expected Zola to have jumped for joy when this happened, but unfortunately he could not do so, having been dead since 1902.

The accusatory letter goes on at length about the injustice done to Alfred Dreyfus, and ends as follows. (I've interposed an English translation which I credit below.)

 

...Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.

    ...But this letter is already long, M. le Président, and it is time to conclude.

J'accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d'avoir été l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d'avoir ensuite défendu son oeuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

    I accuse Lt-Col du Paty de Clam of having been the fiendish agent of a miscarriage of justice, unwittingly, I would like to believe, and then of having defended this nefarious enterprise for the past three years through the most absurd and guilty machinations.

J'accuse le général Mercier de s'être rendu complice, tout au moins par faiblesse d'esprit, d'une des plus grandes iniquités du siècle.

    I accuse General Mercier of having been, at the least, the weak-witted accomplice of one of the greatest iniquities of this century.

J'accuse le général Billot d'avoir eu entre les mains les preuves certaines de l'innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s'être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour sauver l'état-major compromis.

J'accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s'être rendus complices du même crime, l'un sans doute par passion cléricale, l'autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l'arche sainte, inattaquable.

J'accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d'avoir fait une enquête scélérate, j'entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.

J'accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d'avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu'un examen médical ne les déclare atteints d'une maladie de la vue et du jugement.

J'accuse les bureaux de la guerre d'avoir mené dans la presse, particulièrement dans l'Éclair et dans L'Echo de Paris, une campagne abominable, pour égarer l'opinion et couvrir leur faute.

J'accuse enfin le premier conseil de guerre d'avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j'accuse le second conseil de guerre d'avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d'acquitter sciemment un coupable.

    Finally, I accuse the first court martial of having violated the law by pronouncing a defendant guilty on the basis of a document which remained secret, and I accuse the second court martial of having covered up that illegal action under orders, by committing in its turn the judicial crime of knowingly acquitting a guilty man.

En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose.

    In making these accusations, I am not unaware that I open myself to charges under Articles 30 and 31 of the law on the press of July 29, 1881, which punish libelous acts. I deliberately expose myself to that law.

Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.

    As for those I accuse here, I do not know them; I have never seen them; I bear them neither rancour nor hatred. They are for me no more than mere entities, the representatives of social malfeasance. And my action here is but the revolutionary means to hasten the explosion of truth and justice.

Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour!

    I have but one passion: that light be shed, in the name of a humanity which has suffered so much and has the right to happiness. My burning protest cries out from the depths of my soul. Let them dare to summon me before a court of law! Let the inquiry be held in broad daylight!

J'attends.

    I am waiting.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect.

    Please accept, M. le Président, the assurance of my most profound respect.

Émile Zola, 13 janvier 1898

SOURCE:
http://www.microtec.net/pcbcr/dreyfus.html (for the original)
http://www.skidmore.edu/academics/fll/janzalon/revolution/jaccuse.html (for the translation)

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